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Le guide de la démolition

Publié le 24 décembre 2018

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A travers le monde, nous rencontrons les constructions édifiées par l’homme : des bâtiments, des ouvrages d’art et de génie civil, traces du passé conservées, voire protégées, mais aussi œuvres modernes.

Aujourd’hui, pour toute structure, on parle facilement de « durée de vie ». Introduite dans les dernières décennies, en particulier avec les obligations d’assurance, cette notion est clairement affichée avec les concepts du développement durable et du « cycle de vie ».

Si les durées de vie des ouvrages, on le constate et on doit s’en satisfaire, peuvent se mesurer en siècles, les garanties fournies par les constructeurs en bâtiment ne dépassent en général pas 30 ans, alors qu’elles atteignent plus de 100 ans pour certains ouvrages d’art.

La fin de vie d’une construction peut intervenir soit par vieillissement « naturel », en raison de la dégradation des matériaux constitutifs, soit en raison d’une fragilisation de sa structure (défaut de conception, manque d’entretien, accident, catastrophe naturelle) ; l’ouvrage devient impropre à son usage, voire dangereux. Mais la fin de vie peut aussi être l’objet d’une décision sans lien avec l’état de l’ouvrage, par exemple lors d’opérations de renouvellement urbain ou de modernisation d’équipement.

Dans un cas comme dans l’autre, il faut alors recourir à la démolition de la structure.

Démolition, déconstruction, de quoi s’agit-il ?

La démolition est le processus de démantèlement ou de destruction d'un ouvrage, par des méthodes planifiées et contrôlées.Le terme technique utilisé aujourd'hui est « déconstruction », qui intègre non seulement la démolition, mais également le tri sélectif des composants de l’ouvrage.

Le principe de déconstruction est inscrit dans une circulaire du 15 février 2000 qui oblige les maîtres d’ouvrage à prendre en compte la gestion des déchets dont ils sont à l'origine.

Cette circulaire a permis ces dernières années de rediriger la filière de démolition vers la déconstruction. La notion de démolition n'englobait que la mise en décharge des déchets ; désormais, avec la déconstruction, on valorise les déchets par leur éventuelle réutilisation.

La prise en compte de l'intégralité du cycle de vie des matériaux permet ainsi de donner une seconde vie à ces déchets qui représentaient en France, selon la Federec, 25 millions de tonnes en 2017 dans le secteur du bâtiment.

Démolir un bâtiment n’est pas chose facile, et nécessite, après choix de la méthodologie la plus adaptée, préparation et dispositions opératoires rigoureuses.

On peut distinguer :

  • la démolition totale,
  • la démolition partielle ou sélective, intérieure et/ou extérieure, avec les contraintes de préservation des parties conservées.

Dans tous les cas, les sujétions sont nombreuses :

  • diagnostics préalables en vue des traitements particuliers (amiante, plomb, parasites du bois, …)
  • sécurisation des abords et du voisinage,
  • sécurité des opérateurs,
  • prévention des pollutions (bruits, poussières, effluents),
  • tri et valorisation des déchets dans les filières agrées.

demolition

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Quelles réglementations pour la démolition ?

Le permis de démolir

Avant d’entamer un projet de déconstruction (totale ou partielle), il faut déposer en général une demande de permis de démolir auprès de l’administration communale dont dépend le site concerné. Le permis de démolir a une durée de validité de 3 ans ; il peut être prolongé de deux fois un an.

Il est obligatoire dans deux situations :


  1. si le terrain est compris dans le périmètre d’un « secteur protégé » (selon PLU ou bâtiment répertorié « Monument historique »),
  2. ou lorsque la commune l’a instauré par délibération.

Si la démolition est suivie d’une construction sur le même site, on parle alors de permis de construire valant permis de démolir.


Seules quelques personnes peuvent déposer la demande de permis de démolir :

  • le propriétaire du terrain (ou les co-indivisaires),
  • une personne ayant reçu l’autorisation du propriétaire,
  • le meneur de l’exploration du terrain pour cause d’utilité publique.

Avant les travaux, il convient de connaître l’état des réseaux divers présents au droit de l’ouvrage et à l’intérieur de l’ouvrage (électricité courants forts et courants faibles, gaz, eau, …), et d’en assurer la neutralisation.


Durant les travaux de déconstruction, la zone concernée doit être close afin d’interdire toute intrusion, la voirie extérieure doit être protégée et les habitants et passants doivent être informés.


Les différentes méthodes de démolition/déconstruction

Il existe différentes méthodes de démolition, choisies en fonction des caractéristiques de l’ouvrage à démolir :

  • son emplacement et son environnement (site urbain ou autre),
  • sa composition structurelle et son état de stabilité,
  • sa volumétrie.

Et nous n’évoquerons pas ici la démolition par explosifs, qui requiert des compétences et savoir-faire très particuliers.

La démolition manuelle

Lors d’une démolition manuelle l’édifice est abattu en commençant par ses parties hautes. La démolition se fait au fur et à mesure, du haut vers le bas. Cette méthode est utilisée lorsque l’objet est de diminuer la hauteur de l'édifice sans démolir les fondations, ou si l'on cherche à faire une restauration partielle plutôt qu'une reconstruction.


Pour effectuer une démolition manuelle, outre les outils à mains et mécaniques adaptés, il faut installer en particulier des échafaudages et des bâches.


Une autre méthode de démolition manuelle est le sapement, qui consiste à démolir du bas vers le haut. L'édifice est détruit en attaquant les fondations en premiers. Trop dangereux, le sapement n’est plus pratiqué.


La démolition mécanique

Démolition à la pelle

Démolir un édifice à la pelle mécanique hydraulique peut se faire soit :

  • en tirant l'ouvrage, et on parle alors de démolition à la pelle mécanique par traction,
  • par découpage (et/ou écrêtage), en « croquant » le béton au fur et à mesure.

Une pelle mécanique à godet est idéale pour démolir des murs porteurs et tout édifice en parpaings ou briques. Le godet joue non seulement le rôle de démolisseur mais permet également de charger la benne avec les déchets produits.

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Pour des raisons de sécurité, la démolition se fait de haut en bas. Dans d’autres cas, la pelle mécanique est équipée d’un broyeur à béton. Une cisaille à ferraille peut remplacer le broyeur à béton pour sectionner les structures métalliques. Une pince de tri complète ces outils spécifiques et permet une déconstruction plus précise et un tri affiné.

Le « brokk »

Le « brokk », du nom de la société qui l’a inventé, est un engin de démolition télécommandé très puissant sur chenilles et pieds de stabilisation. Le « brokk » est en général pourvu d'un moteur électrique, garantissant des travaux sans émanation de gaz d'échappement et réduisant les nuisances sonores. L’opérateur qui le télécommande se positionne hors périmètre d’action de l’engin.

Cet équipement permet de réaliser des démolitions lorsque les accès sont compliqués ou présentent des contraintes particulières.


La démolition par découpage

Le découpage est une méthode très précise de démolition, qui limite les projections de gravats, et évite les vibrations pouvant atteindre les constructions avoisinantes. Une démolition par découpage peut être effectuée en sciant la structure ou en y réalisant des perforations rapprochées. Des outils à diamants synthétiques sont utilisés pour découper des matériaux durs et épais ; les outils à diamants sertis quant à eux, sont adaptés aux matériaux moins durs.

Le découpage peut également se faire par projection d'un jet d'eau sous très haute pression ; on parle alors d'hydrodémolition.

Après la démolition, c’est la phase de tri et la valorisation des matériaux issus de la démolition qui s’engage …


Nous souhaitons que cet article vous éclaire sur les différentes méthodes de démolition. S'il vous a été utile, n'hésitez pas à le partager !

L’équipe Tracktor 😊


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